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Une semaine dans le nord de Madagascar

Posted by Saboly on 28 septembre 2014 in Madagascar, Océan indien, Voyages |

Située à l’extrémité de Madagascar, bordée par le canal du Mozambique à l’ouest et par l’océan indien à l’est, la région nord est sous un régime de climat tropical. Elle est partagée en deux saisons, la sèche de mai à octobre et celle des pluies de novembre à avril.
C’est une région très montagneuse qui offre de nombreuses possibilités de randonnées mais aussi des côtes sauvages où il fait bon flâner et se baigner.
L’arrivée à l’aéroport est le premier dépaysement. Les taxis ici, sont des 4L jaunes. La municipalité a décidé qu’elles devaient être de cette couleur et seulement de celle-là pour exercer la fonction de taxis et les 4L jaunes de Diego sont uniques. Il y en a des dizaines qui sillonnent les rues de la ville, certaines toutes pimpantes d’autres un peu plus usées mais chaque chauffeur entretient avec soin son outil de travail. Il n’est pas rare qu’elles totalisent plus de 250000 kilomètres !

Les 4L à Diego Suarez

Les 4L à Diego Suarez

Diego Suarez, Antsiranana en malgache, est le troisième port de Madagascar. Bien sûr, la ville n’a plus le charme d’autrefois mais la trace des bâtiments et des installations des anciens colonisateurs procure un sentiment d’abandon.  Le port surtout reste une marque indélébile de ce passé militaire avec ses navires échoués qui rouillent dans la baie… Au centre ville, la cité se reconstruit peu à peu et la rue Colbert est pleine de boutiques offrant des souvenirs aux visiteurs. Un hôtel de luxe s’est construit d’ailleurs dans cette rue et attire les clients huppés.
On trouve des hôtels de toutes les qualités et à tous les prix. Que l’on soit globe trotteur ou voyageur recherchant confort et charme, chacun trouvera son bonheur.
La baie de Diego Suarez, la deuxième au monde après celle de Rio de Janeiro, est immense et très protégée. Remplie de vestiges, d’épaves, elle est un paradis pour les plongeurs.
La ville est très cosmopolite et églises et mosquées se côtoient dans la plus grande tolérance.

Les environs sont riches de lieux d’excursions aussi bien en voiture qu’à pied et il est impossible de s’y ennuyer. Vous pourrez aller à la montagne d’Ambre, dans le massif de l’Ankarana, découvrir les magnifiques tsingys rouges et poursuivre jusqu’à Ambanja pour une promenade à bicyclette dans les différentes plantations, vanille, cacao, ylang-ylang….

Je reviendrai sur ces excursions que j’ai faites et qui toutes, se sont révélées superbes et différentes, dans un prochain article.

 

Baie de Diego

Baie de Diego

Cette fois, je suis allée à Ramena, à une vingtaine de kilomètres de Diégo. C’est un petit village de pêcheurs qui a su garder encore, une certaine authenticité. La vie y est calme, tranquille, reposante, tout à fait ce dont j’avais besoin. En plus, je suis venue rejoindre un ami, Christian, qui est arrivé une semaine plus tôt et fait un stage de kitesurf. Les spots sont réputés sur cette côte et de plus en plus d’adeptes viennent soit apprendre soit se perfectionner ou tout simplement s’adonner à leur sport favori. Se poser une semaine à Ramena, c’est des vacances cool ! On trouve des petits bungalows pas chers, situés face à la mer. Le matin, un bain dans une eau encore fraîche (nous ne sommes qu’au printemps!) a le pouvoir de mettre en forme.

Kitesurf

Christian au kitesurf

J’ai accompagné Christian jusqu’à la baie de Sakalava, immense plage sauvage au fond d’une baie pratiquement fermée et possédant une faible hauteur d’eau. Il est préférable de venir lorsque la marée est encore basse et commence à remonter car pour les débutants, c’est plus facile de pouvoir s’initier à la pratique du kitesurf. J’en profite pour faire toute une série de photos et vous parlerai du kitesurf dans un prochain article. Christian se débrouille pas mal et le dernier jour, réussit à non seulement sortir de l’eau mais également à tirer un bord. Il est enchanté et rêve déjà de recommencer.

Le midi, nous mangeons dans une gargotte, « chez Francine » où nous dégustons poisson ou calamar frais grillé au feu de bois pour quelques euros. Un vrai régal !

Baie des pigeons

Baie des pigeons

Nous rentrons par la balade des trois baies appelée ainsi parce qu’elles se succèdent les unes après les autres. C’est une promenade qui se fait en 2h30 environ sans compter les pauses « baignades » bien sûr ! Ne pas oublier de prendre de l’eau.

Les paysages sont sauvages, déserts. Un sentier suit le littoral et par moment, coupe à travers une végétation de palissandres, baobabs, flamboyants et franges de sable blanc sur fond de bleu d’azur. Nos yeux n’arrêtent pas de se repaître du spectacle de cette nature encore loin de la civilisation et de la pollution… Bois flottés, rochers de granit marqués par l’érosion, il y a toujours quelque chose de nouveau à voir. La première baie, la baie des pigeons (on ne sait pas pourquoi) s’appelait avant baie des tortues et c’est beaucoup plus juste car on en voit plusieurs qui viennent manger les algues apportées par la mer.

Baie des dunes

Baie des dunes

La baie des dunes vient ensuite, sauvage au possible, parsemée de tamaris et la piste nous amène ensuite dans une zone de casemates en ruines, de canons à l’abandon puis au phare. La vue s’étend jusqu’à la mer d’émeraude. La passe est battue par les vents et des gerbes d’écume s’élèvent, montrant la puissance des éléments.

Le Cap Miné est la dernière baie avant d’arriver à la zone d’Orangea, espace de ruines à l’abandon, rappelant le passé militaire. Aujourd’hui, c’est un spectacle désolant que l’on traverse avant d’arriver à la cahute de péage. En effet, il faut payer un droit d’entrée pour pénétrer (ou sortir) de chez les militaires et la balade ne peut se faire sans passer par là. La somme est dérisoire mais incontournable !

Boa dans la grotte

Petit boa dan sla grotte

Stalactite

Stalactite

Une autre fois, nous retrouvons Frédéric à Sakalava et rentrons avec lui. Il connaît une grotte inexplorée, à proximité du phare et nous servira de guide. Effectivement, tous seuls, nous n’aurions jamais soupçonné la présence d’une grotte et encore moins trouvé son accès. Nous pénétrons dans un étroit boyau qui débouche dans une salle où l’on se tient debout. D’énormes stalactites ornent le plafond. Un petit ruisseau court dans le fond où des écrevisses vivent. Un boa aussi a fait son nid dans une anfractuosité de rocher. Des chauves souris minuscules volettent à notre approche et nous pouvons même en caresser et les voir de près grâce aux lampes frontales que nous ont prêtées Jérôme et Elina, kitesurfeurs rencontrés sur le spot de Sakalava et qui habitent Méribel ! C’est d’ailleurs grâce à eux que nous connaissons l’existence de cette grotte. Presque un kilomètre plus loin, nous ressortons pas loin du phare et rejoignons la piste par un sentier escarpé. Nous avons carrément traversé le rocher. Belle variante qui permet de découvrir cette grotte et Frédéric nous ramène par des chemins sablonneux, différents et qui ne passent pas par la cahute du militaire mais par les hauteurs, au milieu des dunes !

Bière fraiche chez JB...

THB fraîche chez JB

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Coucher de soleil dans la baie

Le soir, avant de rejoindre notre hôtel, un peu excentré du village, nous faisons halte chez JB. C’est un wasa (un blanc) qui a pas mal bourlingué et s’est posé à Ramena il y a sept ans. Il a un hôtel restaurant sur la plage et de sa terrasse nous admirons le coucher du soleil. Moment toujours magique que de voir disparaître monseigneur l’astre solaire et qui permet de faire des photos aux couleurs si particulières. Nous y dégustons une bière bien fraîche et bien méritée. Il y a toujours de la bonne musique et parfois nous prolongeons les soirées, pas toujours de façon très raisonnable, mais toujours dans une superbe ambiance. Nous faisons des connaissances forts sympathiques de gens venus des quatre coins de la planète. Tous ont des différences! Richesses des rencontres, joies du voyage que de savoir prendre le temps d’écouter et de parler avec un inconnu, de partager un moment tout simplement. Heureusement, cela n’arrive pas tous les jours mais un soir, nous sommes tombés dans une embuscade et heureusement que Max, dont nous avions fait connaissance et qui habite à côté de notre hôtel, nous a ramenés car si nous avions dû rentrer par la plage, je pense que nous aurions eu quelques difficultés à éviter toutes les amarres des bateaux de pêcheurs qui jalonnent la plage !

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Enfants sur la plage

Enfants sur la plage

Enfants sur la plage

Max est un retraité français qui s’est installé à Ramena depuis cinq mois. Auparavant, il est venu cinq ans de suite avant de décider d’acheter un terrain et d’y construire sa maison. Il faut préciser que la vie à Madagascar est beaucoup moins chère qu’en France. On peut acquérir un terrain et faire construire une maison

pour moins de 50000 euros.

Il y a une qualité de vie dans un cadre encore préservé avec des endroits en bordure de mer encore très accessibles. Bien sûr, il ne faut pas vouloir y trouver les mêmes choses qu’en Europe mais néanmoins, cette « grande île » permet à des petits revenus de vivre confortablement. Max a choisi de passer 8 mois ici et grâce aux économies réalisées, il peut facilement se permettre de passer le reste de l’année auprès de ses proches. Il vit avec sa compagne, Édith, et nous a invités à manger un soir. Il a apprécié notre compagnie et a voulu que nous prolongions cette rencontre. Soirée très sympathique où nous avons parlé de tout un tas de sujets que ce soit de bricolage, de construction, d’écriture ou de loisirs. Merci à vous deux de nous avoir permis de pénétrer dans votre univers. Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas et nos chemins se croiseront certainement que ce soit à Madagascar ou ailleurs.

Coucher de soleil

Coucher de soleil

Baignades, promenades, kitesurf et photos, visite de la grotte, une journée à la montagne d’Ambre, une journée à Diego et une à la mer d’Emeraude et il faut déjà reboucler le sac. Supers souvenirs dans un endroit qui, contrairement aux idées reçues, n’est pas plus dangereux qu’ailleurs. La population est spontanée, agréable et ouverte. Bien sûr, comme de partout, il y a des exceptions mais jamais je ne me suis sentie en insécurité. Il suffit juste de suivre, comme partout, certaines règles qui sont avant tout, du respect par rapport aux habitants.

Cure de poissons grillés ou de calamars tout frais pêchés accompagnés de THB bien fraîches (la bière locale en bouteille de 65cl), plein de couleurs, de tranquillité, de baignades, rencontres qui laissent des tas de souvenirs et découverte pour Christian d’une activité qui le tentait depuis longtemps et qui est devenue une nouvelle passion. C’est regonflés d’énergie que nous prenons, tristement quand même, le chemin du retour. Une surprise nous attend à l’aéroport, le vol, dont le décollage était prévu à 9h00, est retardé. En fait, l’avion est en panne à Nosy Bé. Nous voilà partis pour une longue attente. Dans la matinée, nous apprenons qu’en principe nous devrions enregistrer vers midi pour un décollage vers 13H00. Finalement, nous arrivons à Dzaoudzi vers 16h00 après 1h10 de vol ! Moi qui croyais que la compagnie EWA était plus fiable qu’Air Madagascar, j’ai des doutes mais ne serait ce pas la destination qui fait dire Air… »peut être » ?

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