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Population et culture de Mayotte

Posted by Saboly on 23 août 2014 in Mayotte, Mayotte, Océan indien, Voyages |

Mayotte ou « Maoré » en shimaoré, cultive les différences. Cette île au bout du monde, à l’abri des grandes tempêtes climatiques a longtemps été préservée des bouleversements sociaux et économiques mais est actuellement en pleine mutation. Mayotte est pleine de traditions, de cultures et de différences qui en font un coin très loin de la métropole. Elle a vécu tranquillement pendant des siècles et tout d’un coup, brutalement et beaucoup trop vite, le vent du modernisme a soufflé sur elle, la bouleversant plus qu’un cyclone.

Tout arrive trop vite. Il y a un peu plus de 20 ans, les gens du sud venaient à pied à la « capitale ». Les routes n’étaient pas goudronnées, ce n’étaient que des pistes. Les voitures étaient rares et internet n’existait pas. L’eau et la fée électricité arrivaient dans les campagnes. Le français était enseigné depuis moins de 20 ans. C’est dire les différences qui peuvent exister, le décalage. Ici, « homme pluriel » a pleinement sa signification.Chacun de nous est porteur d’une multiplicité de dispositions qui ne trouvent pas toujours l’occasion de se manifester : c’est pour cette raison que nous avons parfois l’impression de vivre un décalage personnel avec le monde social. Pour les enfants, l’expérience du décalage entre le monde de la famille et celui de l’école pose problème. C’est ce qui ressort particulièrement à Mayotte où Internet et traditions ont du mal à s’accommoder au quotidien.

Le dernier recensement, en 2013, fait état de 220000 habitants. Mayotte est en encore en pleine transition démographique. Elle possède un taux de natalité très élevé, première maternité de France avec plus de 7000 naissances par an. Actuellement, l’ espérance de vie est de 72 ans pour les hommes et 76 pour les femmes. Un habitant sur deux est âgé de moins de 20 ans.

L’un des problèmes cruciaux de Mayotte est l’immigration clandestine en provenance des îles voisines, entretenue par la relation familiale qui existe entre Anjouan et Mayotte mais aussi par celle de religion.

Majoritairement musulmane avec la pratique d’un islam sunnite, les mahorais issus de différentes migrations se retrouvent aujourd’hui dans 2 grands groupes ethniques. D’origine malgache dans le sud et l’ouest de l’île où se parle le « shibushi » et plus africain au nord où l’on pratique le shimahorais, un dérivé du swahili. La population mahoraise reste traditionnellement attachée au village dans le centre est la mosquée. Société aux multiples visages, Mayotte a hérité d’une culture diversifiée, à la fois africaine, perse, orientale, malgache, européenne et arabe.

Au fil des siècles, un islam original s’est construit sur la petite île. Héritage des premières implantations arabes, la religion est omniprésente dans la vie quotidienne. Un bon musulman se doit de respecter les 5 piliers fondamentaux d l’Islam (la foi, la prière, le ramadan, l’aumône, le pèlerinage de la Mecque). Les fêtes principales sont de fêtes de l’ide. L’Ide el Fitr qui termine le ramadan donne lieu à des festivités très importantes, équivalentes aux fêtes de Noël pour les chrétiens. C’est l’occasion pour les familles de changer les meubles, les rideaux, de refaire les intérieurs. Cela donne lieu à de grands rassemblements familiaux où l’on s’échange des cadeaux, des vœux. Les femmes préparent des gâteaux et tout le monde se pare de ses plus beaux habits.

Certains fonctionnements de la société mahoraise se sont modifiés ces dernières années et notamment, la pratique de la polygamie, désormais interdite. Les Cadis (juges musulmans) aussi, ont perdu leur pouvoir de juridiction.

Paradoxe de cette île musulmane à 98%, les femmes jouent un rôle très important dans la société. Ce sont elles qui sont propriétaires des terrains, des maisons. Elles sont très influentes sur le plan politique. Plus d’une fois, elles ont œuvré et si Mayotte est française aujourd’hui, on le doit principalement à ces « chatouilleuses »(1) qui ont tenu à ce que l’île reste française. Elles sont très coquettes, se parent de bijoux en or et se vêtent de salouvas, tissu coloré et souvent brodé dont elles se recouvrent le corps. Le kishali, de même couleur, leur couvre la tête et les protège du soleil. Elles s’enduisent le visage d’un masque à base de poudre de bois de santal afin d’éviter la brûlure du soleil, se piquent des fleurs de jasmin dans les cheveux et se peignent les mains de délicats motifs au henné. Lorsque les visiteurs arrivent à Mayotte, elles confectionnent de jolis colliers fleuris qui, passés autour du cou des arrivants, les enivrent de leurs parfums.

 (1) Source Wikipédia

Les chatouilleuses, officiellement le collectif des femmes pour la vie publique, sont des femmes de Mayotte qui se sont battues, dans les années 1960 et 1970, pour réduire l’influence des autres îles de l’archipel des Comores sur Mayotte et arrimer cette dernière à la République française.

Sur l’onglet photos, vous trouverez des photos de Mayotte

 

 

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