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La Sicile en camping-car, avril 2015

Posted by Saboly on 8 mai 2015 in Europe, Italie, Sicile, Voyages |

 

C’est le 1er avril que nous prenons le ferry à Villa San Giovanni pour traverser vers la Sicile. Il y a beaucoup de vent et bien que nous soyons au milieu du pont, des embruns viennent mouiller notre « Star ». C’est avec la brume que nous débarquons à Messine. Nous traversons rapidement la ville et prenons la direction de Milazzo par des petites routes pittoresques. Certes parfois les traversées de villages sont un peu étroites et nous sommes contents d’avoir un camping-car qui ne fasse que 6,50 m de long ! Nous avons décidé de faire le tour de la Sicile dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Milazzo nous déçoit; c’est une ville industrielle qui ne nous convient pas et donc nous décidons d’aller un peu plus loin. A la sortie de la ville, nous trouvons un emplacement pour la nuit en bordure de plage. Deux camping-cars sont déjà installés. Nous discutons avec nos voisins qui sont Français, du département du Rhône. Le matin, il fait grand beau. C’est un plaisir que de déjeuner face à la mer, fenêtres ouvertes. Jean-Pierre nettoie toutes les vitres pour enlever le sel et nous partons en direction du cap.

Le cap Milazzo

Le cap Milazzo

Petit café et promenade jusqu’au phare. Je poursuis le chemin en bouclant le tour de la pointe et profite de faire quelques belles photos. Je débouche un peu plus loin que le camping-car et retrouve JP et Josine à la terrasse d’un restaurant, au soleil. Lasagnes pour maman et calamar à la braise pour JP et moi. Le soleil commence à se voiler quand nous repartons vers l’intérieur de l’île par un chemin très sinueux. Nous prenons vraiment une route de montagne et en haut, le brouillard est total ! La vue est plutôt cotonneuse…

Le soir, nous décidons de coucher à Randazzo et après avoir fait quelques courses au Lidl du coin, nous trouvons une place plate, près de la police municipale. Le lendemain matin, en sortant la chienne, une Sicilienne m’offre une orange, comme cela, juste pour me la faire goûter. Le soleil est là et nous partons vers Bronte pour voir l’Etna de plus près. Nous ne sommes pas déçus car il nous dévoile tous ses flancs et son sommet enneigé et fumant. Nous montons jusqu’à 1560 m d’altitude. En redescendant, nous faisons le plein d’eau â une fontaine qui coule de la montagne. L’eau est très fraîche et je me gèle les pieds en tenant le tuyau…

La halte du midi est au bord de la mer, à Sant’Agata di Miticello avant l’arrêt et la visite de Cefalù. Balade dans la cité médiévale et nuit sur le port. Nous prenons notre temps et le midi mangeons au café situé juste à côté de nous.

PALERME

PALERME

Nous allons ensuite sur Palerme. Nous savons qu’il y a une aire très bien située, au centre ville et nous nous y rendons directement. C’est un parking mixte (voiture, camping-car) qui est gardé et qui offre tous les services. L’environnement n’est pas super mais c’est pratique pour visiter la ville.

Erice

Erice

Le dimanche 5 avril au matin, jour de Pâques, nous partons à la découverte de Palerme. C’est agréable car il y a peu de monde. Par contre, la température est plutôt fraîche. Nous parcourons tout le centre à pied. Après un café pris au soleil sur une terrasse à côté du Théâtre Massimo, nous poursuivons notre visite en bus touristique. Nous en descendons une heure plus tard contents mais frigorifiés. Repas dans une trattoria, à l’intérieur bien sûr ! Il fait très beau mais le vent souffle et il refroidit l’atmosphère. Nous retournons au camping-car et nous dirigeons vers Monreale, situé à quelques kilomètres. Il y a une magnifique cathédrale avec un dôme superbe. Nous visitons le bourg puis filons sur Erice, village perché dans la montagne, à 800m d’altitude. Il fait un froid de canard et le chauffage est mis en route dès que nous faisons halte pour la nuit. Nous sommes près de la porte Spada, sur un parking. Quelques temps plus tard, un autre camping-car se pose à côté de nous. Au matin, j’enfile mon survêtement et pars avec Flamme, à la découverte du village. Je fais tout le tour. Des bancs de brume me rejoignent lorsque j’arrive au château. C’est vraiment dommage qu’il fasse froid et gris car partout il y a des panneaux indiquant l’endroit où l’on se trouve, des bancs pour se reposer et des espaces verts. De nombreux sentiers sillonnent le coin permettant des randonnées à vélo ou à pied. Lorsque je rentre, nous allons jusqu’à l’entrée pour voir l’intérieur de la cité mais les doudounes sont de rigueur!

Au bout d’un moment, nous entrons dans un bar, boire un café pour nous réchauffer. Le patron nous propose du vin chaud. La marmite est devant nous, sur un feu et nous nous laissons tenter. Pas de regret, il est délicieux… Cela nous réchauffe et nous repartons finir notre visite. Le midi nous mangeons dans un petit restaurant du coin. Une fois au camping-car, nous redescendons vers la mer jusqu’à Agrigente. Nous dormons sur le parking de la casa natale de Luigi Pirandello.

Agrigente

La vallée des temples Agrigente

Le 7 avril au matin, nous cherchons un Sosta Camper pour vider et celui que nous dénichons est à Porto Empedocle. Il n’offre pas les services aux gens de passage; il faut être client. Comme l’endroit nous plaît, nous décidons d’y coucher le soir. Il est au bord de la mer, à proximité de la scala dei Turchis (il en porte d’ailleurs le nom) et seul un autre camping-car  stationne au fond du terrain. Une fois nos réservoirs en ordre, nous allons découvrir la Vallée des Temples. Nous faisons le tour de tous les temples mais sans entrer dans les sites. Nous regagnons le camping de bonne heure. Je vais jusqu’à la scala dei Turchis par la plage. Rien de bien terrible à mon goût mais jolie promenade. Il s’agit de marches de calcaire qui descendent à la mer. Un site touristique à été aménagé avec un parking en hauteur et une volée d’escaliers pour y accéder.

Les vacances c’est bien mais il faut aussi penser à notre « Star », notre maison roulante qui a besoin d’un peu de soin. Nous prenons rendez-vous avec un concessionnaire Fiat pour faire la vidange moteur. Comme il ne peut la faire que dans deux jours, nous en profitons pour faire un peu de lessive, écrire, trier des photos, faire du vélo et nous détendre.

Le 8 avril, après le passage chez le garagiste, nous prenons la direction d’Enna. Nous faisons halte pour la nuit au Château de Lombardie, aussi appelé Citadelle. La route pour y monter nous offre de belles vues sur l’Etna et sur toute la vallée. Nous sommes de nouveau en montagne, à mille mètres d’altitude et il fait plutôt frais d’autant qu’il y a un peu de vent.

Le 9 avril au matin, nous reprenons la même route que la veille pour descendre. Malheureusement, il est trop tôt pour que la brume se soit dissipée et nous ne pouvons pas voir l’Etna. Nous allons à Pergusa voir le circuit automobile d’Enna, où Jean-Pierre était venu en formule 2, il y a quelques années et continuons sur Piazza Armerina. Nous découvrons la Villa Romana del Casale.

Piazza Armerina

Piazza Armerina

Un travail remarquable a été fait et la visite de ce site vaut vraiment la peine. Il y a de magnifiques fresques et notamment une où l’on voit des athlètes et des filles en bikinis. Comme quoi, le maillot de bain deux pièces ne date pas d’hier!

Nous repartons vers 14h00, en passant par Barrafranca et Mazzarino pour retrouver le bord de mer à Gela. Ici, le paysage a changé. L’horizon est rempli de serres ! Cultures de tomates, d’aubergines, de fleurs… cela s’étend sur des kilomètres. Nous faisons halte pour la nuit sur un parking au bord de mer, à Marina de Ragusa. Nous sommes dans la région d’Avola et nous achetons le vin du pays, le « Nero d’Avola ».

Cap Passero

Le Cap Passero

Le cap Passero possède un phare magnifique. C’est le passage entre la mer de Sicile (la Méditerranée) et la mer Ionienne. Tout un village est en reconstruction et c’est vraiment joli. Il y a un gros port de pêche mais il est trop venté pour que nous y restions. C’est à Pachino que nous en trouvons un autre, plus abrité. Deux camping-cars sont déjà installés et nous y restons. JP va voir s’il est possible de pêcher.

Le dimanche 12 avril, il fait grand beau et il n’y a pas de vent. JP va tenter sa chance auprès de l’eau mais les poissons ne sont pas au rendez-vous. Comme en plus, il n’y a pas beaucoup de profondeur, nous partons, après le repas de midi, vers Noto. C’est une cité baroque que nous visitons en laissant le camping-car sur un parking, tout à côté du centre. C’est un des nombreux avantages que de visiter hors saison. Il y a beaucoup de possibilités de se garer et de trouver des emplacements gratuits pour la nuit.

Nous essayons d’aller sur Lido de Noto mais un coup, la route est coupée pour travaux, un autre le pont qui passe sous la voie ferrée n’est pas assez haut, si bien que nous partons jusqu’au Lido d’Avola où nous trouvons un beau parking en bord de mer. Un fourgon aménagé est déjà sur les lieux. Jean-Pierre prend ses cannes et va taquiner le poisson. Pas de chance, il revient bredouille à la tombée de la nuit. Pas découragé pour autant, il y retourne le lendemain. Je prends le vélo et pars en reconnaissance de secteur. Je remonte jusqu’au coeur de la ville. Sur une place, un producteur est installé et je remplis mon sac de légumes frais pour quelques euros. Je rentre par une piste cyclable puis longe le bord de mer pour revenir à mon point de départ.

En Italie, il y a beaucoup de cultivateurs qui viennent vendre leur production . Ils s’installent à un coin de rue et proposent fruits et légumes de leur jardin. Nous avons ainsi trouvé des oranges aussi bonnes à manger qu’à boire, des fèves, des fraises, des fenouils, des artichauts… Les Italiens consomment beaucoup de produits frais. On trouve d’ailleurs peu de légumes en conserves hormis bien sûr celles de tomates… Je rentre en passant par le bord de mer. J’ai repéré une cave à vins juste à côté de l’endroit où nous sommes et j’emmène maman en acheter. Nous sommes à Àvola, alors autant faire le plein. Nous prenons blanc et rouge car, en plus, il n’est pas cher. Nous achetons également une spécialité de la région, une bouteille de vin doux, fabriquée avec du « Nero d’Avola » et des amandes.

 

Syracuse

Syracuse

Après le déjeuner, direction Syracuse. Première halte dans le port de plaisance pour faire le plein d’eau à une fontaine publique, puis nous allons sur l’île d’Ortygia qui est reliée à la terre par trois ponts. C’est la partie la plus historique de la ville. Premier berceau de la civilisation grecque en Sicile, Syracuse fut fondée en 734 avant JC par des colons venus de Corinthe qui conquirent Ortygia en premier. C’est ainsi que l’île devint le premier quartier de la ville. Il s’y mêle des influences grecques, normandes, aragonaises et baroques. A l’entrée de l’île, on peut voir les vestiges du temple d’Apollon puis, en se promenant dans les rues, le Dôme et la fontaine Aretusa. Il se dégage une atmosphère très particulière de ce dédale de ruelles et il fait bon boire un café sur une terrasse au soleil… Nous allons ensuite jusqu’au Théâtre grec mais l’entrée est un peu cher et surtout, comme il y a un spectacle en préparation, des planches recouvrent une partie de l’amphithéâtre.

Nous reprenons la route, toujours longeant le bord de mer.

Augusta nous fait fuir. C’est une zone tout comme Fos sur Mer, qui sent mauvais. Catane nous surprend par sa saleté et ses ordures qui traînent un peu partout. C’est la deuxième ville de Sicile et elle ne nous plaît pas. Elle est bruyante et très peuplée. Nous tentons d’aller vers le port de plaisance mais nous retrouvons devant une barrière, sur une route très étroite. Après quelques manoeuvres, nous réussissons â faire demi-tour et repartons vers l’intérieur du pays pour essayer de trouver un coin pour la nuit. Ce n’est pas facile et après bien des essais nous arrivons sur le parking du sanctuaire de la Madonna della Roccia, à Belpasso. Il est 21 h 30 et nous sommes contents de nous arrêter. Nous sommes de nouveau à 700 m d’altitude et il fait frais

L'Etna

L’Etna

Le lendemain matin, nous montons au pied de l’Etna, sur le côté sud, au départ du téléphérique. Il est tôt et déjà plusieurs bus arrivent… Le temps que nous fassions un tour, plusieurs autres se pointent. Nous ne sommes qu’au mois d’avril, nous n’osons imaginer ce que cela doit être au mois de juillet ! Après quelques photos, nous descendons par Zefferana, Linguaglossa et Castiglione de Sicilia, villages perchés sur les collines, accrochés à flanc de montagne. La route est superbe.

Nous prenons la direction de Taormina. Surprise, nous nous retrouvons devant un pont limité à 2,50m de hauteur… Demi tour et arrêt près d’une fontaine où des Siciliens remplissent des bouteilles. Nous faisons la même chose et profitons pour leur demander des renseignements sur la route à prendre. Nous passons par Moio de Alcantara, Francavilla, Gole de Alcantara, réputé pour son canyon. Nous ne nous y arrêtons pas car il ne fait pas encore assez chaud pour se baigner, l’eau ne fait que 14 degrés !

Gardini de Naxos

Gardini de Naxos

Nous arrivons sur Gardini de Naxos. Nous trouvons un « Sosta Camper » avec un patron très sympathique et pour 5€ nous utilisons les services mis à disposition pour les campincaristes de passage. Nous allons ensuite sur le port. La vue est magnifique et nous assistons au coucher de soleil avec l’Etna en toile de fond. Nous passons 2 nuits très tranquilles. Jean-Pierre pêche même une petite seiche mais le poisson n’est quand même pas tout à fait là. Nous avons fait connaissance avec Enzo, un Sicilien qui vient régulièrement faire des photos sur le port et avons pas mal discuté avec lui.

Nous avons presque terminé notre périple sicilien. Nous traversons Messine. Parfois les passages sont vraiment étroits et JP est même obligé de rabattre le rétroviseur d’une voiture pour pouvoir passer.

Vers 12h30, nous embarquons. Cette fois, il s’agit d’un ferry à pont fermé. Nous cassons une petite croûte pendant la courte traversée sans même nous apercevoir que nous naviguons. Nous débarquons à Villa San Giovanni et finissons notre repas sur le port.

Notre visite de la Sicile est terminée. Nous n’y avons passé que trois semaines mais aurions pu prolonger notre séjour sans problème.

Bien que devenue une destination très touristique, la Sicile est une terre accueillante. Les gens sont sympathiques, ouverts et très chaleureux. Les paysages sont variés, magnifiques et c’est une région qui porte un riche passé.

A découvrir, sans hésitation et de préférence hors saison pour bénéficier de tous les petits avantages dont profitent les voyageurs qui ont la chance de pouvoir le faire.

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