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Escapade en Bolivie

Posted by Saboly on 18 février 2018 in Amérique du Sud, Bolivie, Voyages |

Depuis Abra Pampa, nous avons pris un bus pour La Quiaca. Beaucoup d’élevages d’alpagas sur le plateau que nous traversons. Nous avions projeté d’aller à Laguna Colorado en vélo sauf qu’à La Quiaca, il n’y a pas de loueurs de vélo. En plus, nous sommes en plein week-end de carnaval donc impossible de trouver un minibus. Du coup, nous faisons un petit tour au marché, joli bâtiment en pierre, puis à l’église qui est belle à l’extérieur mais pas à l’intérieur et tournons un peu.

L’église de la Quiaca

Il n’y a pas grand’chose à faire ici. Le soir, nous galérons pour trouver un endroit où manger. Nous entrons dans un restaurant, demandons si nous pouvons manger (c’est ouvert et il y a un menu affiché) et le gars nous répond non. Nous croyons à une boutade de sa part mais non, il nous fait de grands gestes en nous faisant comprendre qu’il ne veut pas nous faire manger. Du coup, nous allons manger à notre hôtel, qui fait aussi restaurant. Le lendemain, nous partons à pied passer la frontière. Il suffit de passer un pont et après des formalités douanières très simples, nous voilà en Bolivie.
Nous avons l’impression d’être passées dans un autre monde. La plupart des femmes sont vêtues de jupes bouffantes de couleurs et portent des gros bas épais. Elles transportent toutes sortes de charges sur leur dos dans un grand tissu, y compris leur enfant et portent sur leur tête un chapeau rond. Nous changeons des euros afin de pouvoir payer en monnaie locale, le boliviano. Ce matin, 11 février 2018, le cours du change est de 7,8 BOB (boliviano) pour 1 euro.
Nous cherchons un hôtel et posons nos sacs. Nous sommes loin d’avoir trouvé le meilleur ! Il faut dire qu’ils étaient en train de faire les chambres; il était encore tôt et nous n’avons pas trop regardé l’ensemble. Le prix était bas, comparé à l’Argentine. Nous allons nous promener dans les rues. Beaucoup de commerces, artisanat, vêtements de marque (certainement de la contrefaçon), de chaussures. Nous faisons quelques emplettes puis rentrons poser nos affaires. Là, on s’aperçoit que la douche est sale et les toilettes bouchées ! Nous le signalons mais il faudra le dire au moins 3 fois et leur dire que cela déborde et va inonder les chambres pour que quelque chose soit fait.

Bref… Villazón est une ville frontière, assez sale. Beaucoup d’Argentins viennent y faire des emplettes et repartent très chargés car c’est beaucoup moins cher. Nous regardons les horaires de bus pour le lendemain et passons l’après-midi à regarder les défilés de carnaval.

Le carnaval de Villazón

Le soir, nous nous contentons d’une soupe au poulet et comme la pluie s’est mise à tomber, nous rentrons nous coucher. Le carnaval dure une partie de la nuit et l’hôtel n’est pas bien isolé, loin s’en faut… Au matin, nous nous réveillons n’étant pas sûres de l’heure. Nous avons gagné une heure et au lieu de 8h30, il est 7h30. Peu importe, nous faisons nos sacs et filons prendre un petit déjeuner. Heureusement, nous discutons avec un vendeur qui nous informe que le terminal n’est pas là où nous attendions le bus, mais à 4 kilomètres !

Une chacarena. ..

C’est un nouveau terminal, situé en périphérie de la ville. Nous prenons un taxi (10 Bob soit 1,2 euros) qui nous y amène. Nous sommes dans les temps et prenons nos billets pour Tarija. A 9h10, nous démarrons. Nous avons moins de 250 kilomètres à parcourir. Nous sommes à 3400 m d’altitude. Peu après la sortie de la ville, nous prenons une piste et pendant plus d’une heure, la route serpente en lacets jusqu’à atteindre le fond de la vallée, nous sommes alors à 2600 m. Les bords sont très friables et parfois, je serre les fesses. J’ai suivi des tracés spectaculaires mais je crois que celle-là de piste, elle fait partie des meilleures ! Au fond, un rio marron coule que nous traversons une fois en bas. Puis le bus repart à l’assaut d’une nouvelle montagne et 2h30 plus tard, nous faisons halte à Yunchara.

Yunchara

C’est la pause déjeuner du chauffeur. Nous sommes de nouveau à 3600 m. Nous repartons sur une route qui, pour quelques kilomètres, est goudronnée, traversons un plateau où broutent des alpagas et continuons à monter jusqu’à un col, à 4000. Commence ensuite une longue descente vers Tiraja, situé à 1850 m. Nous y arrivons vers 15h00. Eh oui, quand même, six heures de route pour 230 km ! Au terminal, très éloigné du centre, nous cherchons les horaires de bus, car le lendemain nous voulons aller à Tupiza mais là, surprise; nous apprenons qu’il n’y aura aucun bus le lendemain car c’est férié, pour cause de carnaval, et que le terminal ferme ce soir à 18h00 pour ne ré-ouvrir que mercredi. Nous sommes bien embêtées car nous aurions aimé faire le trajet de jour pour admirer le paysage mais les jours commencent à m’être comptés.

Tupiza

Du coup, nous prenons nos billets pour un départ à 20h30. Impossible de laisser nos sacs à la consigne vu l’heure de fermeture du terminal, aussi nous voilà parties, avec, pour le centre ville. Nous prenons un minibus qui nous laisse près d’une place. Nous cherchons un café pour boire quelque chose et aimerions bien manger aussi un morceau avant de repartir. Tout est fermé. Nous tournons dans la ville, passons près d’une place où se battent des enfants à coup de bombe de carnaval ou de pistolets à eau et nous en prenons nous aussi. Le carnaval du jour vient de se terminer et tout en porte encore les stigmates. C’est pire qu’un dimanche chez nous, car au moins les bars et restaurants sont ouverts… Là, rien. Nous finissons par dénicher un kiosque (c’est un petit magasin où il se vend de tout) pour acheter de l’eau et une panaderia où nous achetons quelques grissines et pan de queso (sortes de gougères).

L’église de Tupiza

Nous dénichons aussi une vendeuse de rue pour du raisin. Nous allons ensuite nous asseoir sur un banc, puis retournons au terminal, attendre dehors. Il nous reste une demi bouteille de vin et nous faisons l’apéro avec nos achats. Vers 20h00, nous pouvons déposer nos sacs dans la soute du bus et à 20h30, nous voilà parties pour 240 kilomètres. Lorsque nous demandons au chauffeur vers quelle heure nous arriverons à Tupiza, il ne sait pas nous répondre. Il nous dit que c’est suivant l’état de la route et qu’il est impossible de donner une heure d’arrivée… Comble de malchance, il commence à pleuvoir. Nous sortons de la ville avec difficultés, il y a des embouteillages et notre conducteur est un nerveux.

Un « Tuk-tuk  » à Tupiza

Il avance, à grands coups de klaxon, et s’amuse à serrer les gens qui ne sont pas à leur place. La pluie cesse. Nous sommes devant et essayons de scruter l’obscurité grâce aux phares du bus. A un moment, nous traversons un village aux rues étroites et dont les maisons sont très jolies puis plus tard dans la nuit, dans la montagne, le brouillard oblige le conducteur à rouler très doucement. On ne voit rien et là, pas de bandes blanches pour délimiter les côtés. Nous arrivons à Tupiza à 5h00 du matin. Nous sommes de nouveau à presque 3000 m. Les sacs récupérés, nous filons vers le premier hôtel qui est à 250 m du terminal. Un jeune homme, charmant et encore plein de sommeil, nous ouvre. Nous prenons une chambre avec salle de bain privée pour 9 euros chacune avec petit déjeuner inclus et nous nous glissons dans les draps car nous sommes frigorifiées.

La place de Tupiza

Réveil vers 9h00 pour le petit déjeuner et balade dans la ville.

Nous montons au Cerro du Christ pour découvrir l’étendue de la ville qui est plus grande que nous le pensions. Ensuite, repas au marché et retour à l’hôtel pour un peu de repos.

Le marché, vu de l’étage

Près de la rivière

Pour notre dernière jour ensemble, nous avons réservé une balade à cheval pour la journée. Il est vrai qu’en Bolivie, les tarifs étant plus bas, nous pouvons nous l’offrir. Nous avons rendez-vous à 10h00. Wilson, notre guide vient nous chercher. Le soleil brille et il fait chaud. Nous prenons un bus pour parcourir le court trajet jusqu’à l’endroit où sont les chevaux. Wilson nous donne, à chacune, un chapeau et des guêtres et nous enfourchons nos montures. Auparavant, il nous a posé la question de savoir quel était notre niveau d’équitation. Je monte Perla et ouvre la marche. Elle m’obéit très bien. Nous prenons une piste qui nous emmène, au bout de deux heures, près d’une rivière. Nous y faisons halte. Nous sommes ravies d’avoir un chapeau car le soleil est chaud. Nous nous désaltérons et montons à pied jusqu’à un mirador pour voir l’autre côté de la vallée. Pendant ce temps, Wilson va voir l’état de la rivière. Lorsqu’il revient, il nous dit qu’il n’est pas possible de passer par le bas car l’eau est trop haute et le courant trop fort.

L’entrée dans la canyon du diable

Nous revenons sur nos pas et bifurquons sur la gauche pour arriver au canyon du diable. Au temps de la conquête espagnole, les Indiens s’y cachaient et tuaient les ennemis qui essayaient de pénétrer dans ce lieu. Ils étaient très bien cachés et les Espagnols étaient persuadés que c’était un canyon maudit, où agissait le diable. Nous mettons pied à terre et remontons, à pied, jusqu’au bout de ce défilé.

Le canyon du diable

Avant, un passage permettait d’aller jusqu’au canyon de l’Inca, mais actuellement de gros rochers obstruent le passage et il ne reste qu’un étroit chemin dangereux. C’est magnifique ! et Wilson nous apprend que plusieurs films ont été tournés ici. Nous reprenons notre promenade. Au passage, notre guide récupère le repas que sa femme lui a amené et nous poursuivons notre cheminement jusqu’à la Porte du Diable. Cette fois, ce sont les Indiens quetchuas qui l’ont ainsi nommée.

La Porte du Diable

C’est un endroit très électro- magnétique qui attire les éclairs. De nombreux blocs de pierre sont tombés suite à des orages. Pour les Quechuas, l’orage et les éclairs sont signes que l’endroit est maudit et c’est pourquoi, ils l’ont surnommé ainsi. Nous laissons nos chevaux à l’ombre et nous installons pour manger. Après cette pause bienvenue, car nos estomacs commençaient à crier famine, nous repartons cette fois vers le canyon de l’Inca.

Vicky, à la cascade du canyon de l’Inca

Une petite cascade coule et en le remontant à pied, nous en découvrons une plus grande. Les chevaux s’abreuvent pendant notre escapade. Il est temps de rentrer. Le soleil commence à décliner. Nous arrivons vers 18h00 au point de départ de notre randonnée. Nous avons passé presque huit heures sur notre cheval et nous sommes ravies, d’autant que le soleil a été présent toute la journée. Wilson s’est révélé un guide très professionnel, connaissant l’histoire de son pays et pratiquant avec passion son métier. Pour le trouver, il suffit d’aller à l’hôtel « Vallée Hermosa », à côté du terminal de bus de Tupiza et de passer par eux pour faire une promenade à cheval. Il y en a plusieurs, de différentes durées et les chevaux sont réellement choisis en fonction du niveau de chacun. Je recommande vraiment.

Fleur de cactus

Bien qu’ayant beaucoup bu d’eau au cours de la journee, nous avons très soif et allons nous rafraîchir en buvant un pot de jus de « maracuya » (fruits de la passion) avant d’aller prendre une bonne douche. Le soir, nous allons dans une « churrascheria » (un restaurant où on fait griller la viande à la broche) manger un bon steak accompagné d’une bouteille de vin de Tarija, seule région viticole du pays, un vin d’altitude produit en Bolivie. Il fallait bien y goûter tout de même…

Paysage lors de la randonnée à cheval

Le lendemain, 15 février, nous partons au terminal après le petit déjeuner. Je prends un minibus pour Villazón et repasse la frontière bolivienne pour rejoindre La Quiaca en Argentine. De là, je prends un bus qui me laisse à Salta vers 21h00. Vicky file plus au nord, vers Potosi.
Nos routes se séparent mais une amitié est née. Merci Vicky pour ce chemin partagé et ces merveilleux moments passés ensemble. Bonne route et à bientôt.

 

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